Alcoolisme et abus d'alcool

Les recherches sur l'alcoolisme s'effectuent dans plusieurs domaines : biologique (effets de l'alcool sur l'organisme), psychologique (effets sur l'esprit) et sociologique (approvisionnement en alcool et consommation en société). Il est clair que certaines personnes développent une tolérance à l'égard de l'alcool et ont besoin d'en absorber des doses accrues pour montrer des signes d'intoxication. Certaines autres deviennent dépendantes, car leurs cellules se modifient et s'adaptent à l'alcool. Les différents symptômes de l'état de besoin sont un besoin maladif de consommer de l'alcool, des tremblements et une anxiété croissante (on peut considérer la « gueule de bois » comme une forme bénigne de besoin). Parmi les réactions que peut provoquer le sevrage consécutif à une période prolongée d'alcoolisme, figurent les nausées, les vomissements et des crises. Le delirium tremens (DT), qui combine plusieurs symptômes d'un état de besoin peut s'accompagner d'hallucinations et d'autres sensations désagréables.

La consommation prolongée d'alcool à fortes doses entraîne des problèmes chroniques tels que des carences nutritionnelles, des troubles digestifs, une inflammation du foie et du pancréas, de l'anémie, l'impuissance, des troubles neurologiques et le syndrome nouvellement découvert de l'alcoolisme foetal. S'y ajoutent d'autres problèmes, notamment les accidents de la route, les blessures ou morts accidentelles, le suicide et le crime .

Les nombreuses recherches n'ont pas réussi à lever le voile sur les causes de l'alcoolisme. En fait, l'alcoolisme se conçoit mieux comme un ensemble de problèmes connexes dont chacun a ses caractéristiques, ses causes, son pronostic et son traitement propres. Des facteurs culturels (religion, attitude envers l'alcool et problèmes d'alcoolisme) sont liés au taux d'alcoolisme. Des phénomènes sociaux tels que le mode de vie familial et les relations entre amis, la nature et la sévérité des sanctions et des récompenses réservées aux buveurs influencent aussi la consommation d'alcool et ses abus. À en croire certaines études, les incitations ou, au contraire, les freins à l'achat d'alcool que représentent le revenu et la réglementation de la production, de la distribution et de la vente des boissons alcoolisées ont des répercussions sur l'ampleur de la consommation et des problèmes qui s'y rattachent. Les individus n'ont pas tous les mêmes prédispositions à l'intoxication et à la dépendance à l'alcool, ce qui explique la multiplication des recherches physiologiques et psychologiques en la matière. Il existe peu de preuves, cependant, que certains types de personnalités aient des prédispositions à l'alcoolisme.

# Posté le lundi 03 avril 2006 08:30

Modifié le lundi 03 avril 2006 09:28

Comment s'en sortir ?

Comment s'en sortir ?
La première difficulté pour la personne alcoolique est d'admettre qu'elle a un problème avec la boisson. « Il m'a fallu des années pour reconnaître que je buvais et que je devais me faire soigner, avoue Maryse. Pourtant, j'ai subi des humiliations de la part de mon entourage. Jusqu'au jour où l'on se dit : “ Stop, je ne veux plus de cette vie-là. ” » Un déclic qui pousse les malades jusqu'à la porte d'un service ambulatoire hospitalier, d'un centre de désintoxication ou d'une association d'anciens alcooliques. Le buveur excessif y apprendra à ralentir sa consommation, l'alcoolodépendant à suivre le chemin de l'abstinence, le seul remède à sa maladie. « On pense en effet que les mécanismes de la dépendance restent inscrits dans le cerveau, laissant comme une empreinte indélébile », explique le Dr Benard. Le sevrage peut être accompli en huit jours avec l'aide d'un traitement médicamenteux. Si le malade en ressent le besoin, des séjours en centre de cure, de quinze jours à deux mois, associés à un suivi psychologique l'aideront à se réadapter à la vie sans alcool. Ce pari peut se révéler long et difficile à gagner, tant notre société et notre héritage culturel incitent à la consommation. Mais il est à portée de tous. « Il faut combattre le pessimisme ambiant autour de cette maladie, insiste le psychiatre. Car l'alcoolisme se soigne bien. » Pour preuve : cinq ans après leur sevrage, on estime que 40 à 60 % des malades n'ont plus repris une seule goutte d'alcool.

# Posté le lundi 03 avril 2006 04:35

Dépendance et souffrance

Dépendance et souffrance
L'alcoolodépendance physique et psychique existe lorsque le malade ne parvient plus à s'abstenir de boire dans n'importe quelles circonstances. Le manque physique se fait sentir chez certains dès le réveil, par des tremblements et des sueurs. « C'est comme une drogue, se souvient Yves. On ne pense qu'à ça. Le matin, je ne me sentais bien physiquement qu'après avoir pris une bière. Mon corps le demandait. Par peur du manque, je cherchais mille et une astuces pour cacher mes canettes, dans la voiture ou dans la chasse d'eau des toilettes... » « On a conscience des conséquences de notre comportement sur notre entourage, confie Maryse, on se couche tous les soirs en se disant qu'on va arrêter. Mais on ne peut pas. C'est une véritable souffrance. »


Les conséquences sur la santé
Le buveur, tant qu'il « tient le coup », n'a pas forcément conscience de prendre des risques. Pourtant, l'alcool est responsable, directement ou indirectement, de 45 000 décès chaque année. Outre la violence (il est en cause dans 50 % des violences conjugales) et les accidents de la route, il est à l'origine de 10 à 20 % des accidents du travail. A long terme, la consommation chronique d'alcool peut provoquer cirrhoses du foie, cancers de la bouche, de la gorge ou de l'½sophage (il est en cause dans un cancer sur trois), pancréatites, maladies cardio-vasculaires et du système nerveux (dont la polynévrite, qui peut provoquer une paralysie des membres inférieurs). Trop d'alcool peut aussi conduire à des dépressions, des troubles du sommeil, voire au suicide.

# Posté le lundi 03 avril 2006 04:34

Boire trop, ça se soigne

Boire trop, ça se soigne
Difficultés existentielles. L'alcool est pour beaucoup un efficace anxiolytique, une béquille pour gérer les difficultés du quotidien. De fait, toutes les situations de stress et d'angoisse : un deuil, la perte d'un emploi, un divorce, vont favoriser sa consommation et le développement de la maladie. C'est souvent le cas des femmes, qui utilisent la boisson comme tranquillisant pour surmonter des problèmes personnels ou combler un vide affectif. Une dépendance psychologique peut alors s'installer rapidement.


Sensibilité. « Certains sont plus sensibles que d'autres aux effets de l'alcool, note le Dr Michel Craplet, médecin délégué de l'Association nationale de prévention en alcoologie et addictologie (Anpaa). Les personnes perfectionnistes, ne supportant pas la frustration, peuvent être plus enclines à devenir alcoolodépendantes. » Une prédisposition familiale explique également un certain nombre de cas. « Il n'existe pas de gène de la dépendance à l'alcool, souligne le Dr Jean-Yves Benard, psychiatre et chef du service d'alcoologie au centre de cure Louis-Sevestre à La Membrolle-sur-Choisille (Indre-et-Loire). Toutefois, on pense qu'une certaine vulnérabilité peut se transmettre. » Mais il ne s'agit là que d'un facteur de risques.


Adolescents. Des excès précoces augmentent le risque d'évolution vers une dépendance à l'âge adulte. « Plus on consomme jeune de l'alcool, même occasionnellement, plus l'organisme est vulnérable et plus la dépendance va s'installer rapidement, note le Dr Elisabeth Mounier, médecin alcoologue à la clinique du Val-de-Loir à Bonneval (Eure-et-Loir). On voit ainsi arriver dans notre structure de soins des jeunes de seize ou dix-sept ans, qui n'ont qu'une expérience de quelques mois avec l'alcool. »

# Posté le lundi 03 avril 2006 04:31

La consommation Française en baisse

La consommation Française en baisse
La consommation d'alcool en France diminue régulièrement depuis plusieurs décennies . Si l'on se réfère aux données de vente de boissons alcoolisées, la consommation moyenne d'alcool pur par habitant est passée de 10,3 litres en 2002 à 9,3 litres en 2003 . Cette diminution est particulièrement nette pour les ventes de vin, qui ont décru de 14 % entre 2002 et 2003.
En 2005, cette baisse de la consommation s'inscrit dans un contexte où la lutte contre les usages à problème a reçu le renfort d'une politique volontariste en matière de sécurité routière et de la mise en place du Plan cancer, deux chantiers présidentiels déclarés prioritaires pour la période 2002-2007.
En outre, la loi relative à la politique de santé publique datant du 9 août 2004 prévoit plusieurs mesures de renforcement de la législation de lutte contre l'alcoolisme, ainsi qu'une série de dispositions visant à intensifier l'information sur les risques induits par la consommation d'alcool durant la grossesse. Ces dernières mesures concordent, quant à elles, avec la définition d'une politique d'amélioration des conditions de vie des handicapés et de lutte contre le handicap — l'alcoolisation f½tale représentant pour sa part la première cause non génétique de handicap mental chez l'enfant .
Ce sont là divers éléments qui concourent à replacer la question de l'alcool au centre du débat public et à intensifier la prise de conscience collective sur les risques sociaux et sanitaires d'une consommation excessive. La loi du 9 août 2004 a également proposé que soit étudiée l'organisation d'états généraux de lutte contre l'alcoolisme.
Le Plan gouvernemental de lutte contre les drogues illicites, le tabac et l'alcool poursuit, pour 2004-2008, son objectif de diminution de la consommation moyenne d'alcool par habitant . Pour atteindre cet objectif, les mesures de santé publique et les dispositions législatives devront sans doute s'appuyer sur un travail de réflexion portant sur les normes de l'usage d'alcool en France. Cet effort doit porter sur les représentations sociales positives liées à l'alcool, encore très largement perçu comme un produit de consommation banal plutôt que comme un psychotrope. Mais il doit également interroger le tabou, la difficulté de dialogue qui entoure le problème de l'alcool dès lors qu'il est question d'un usage problématique voire d'une dépendance au produit.
Or, de toute évidence, l'alcool continue à avoir un impact considérable sur la santé publique en France. Sa consommation excessive est à l'origine de 14 % des décès masculins (1 homme sur 7) et de 3 % des décès féminins, ce qui en fait la deuxième cause de mortalité évitable . À l'échelle européenne, la France connaît la plus forte surmortalité masculine liée à l'alcool, de 30 % supérieure à la moyenne européenne.
Dans ce contexte, les résultats du Baromètre santé 2005 étayent le constat d'une évolution des comportements des Français vis-à-vis de l'alcool : la réduction de la consommation s'accompagne d'un changement des modes de consommation. Ces observations constituent un premier jalon dans la compréhension du phénomène d'alcoolisation en France, qu'il faut pouvoir appréhender dans toute sa complexité pour poursuivre une politique de santé publique efficace dans le domaine.


En 2005, 84,8 % des Français interrogés âgés de 12 à 75 ans déclarent avoir consommé au moins une boisson alcoolisée au cours de l'année. La consommation d'alcool reste plus fréquente chez les hommes : si 13,7 % des Français disent en avoir consommé tous les jours, les hommes sont presque trois fois plus nombreux dans ce cas que les femmes (20,3 % vs 7,3 %). L'écart entre les sexes est aussi très marqué en termes de quantités bues : les hommes qui déclarent consommer de l'alcool ont bu en moyenne 2,6 verres dans la journée lors de la dernière consommation, contre 1,8 verre pour les femmes.
Le vin reste la boisson alcoolisée la plus consommée : parmi les individus ayant consommé de l'alcool au cours des douze derniers mois, 77,2 % ont bu du vin au moins une fois dans l'année, tandis que 56,2 % ont bu un alcool fort et 53,2 % de la bière. Le vin est aussi la boisson la plus consommée quotidiennement : 12,7 % des consommateurs de l'année en ont bu tous les jours, contre 2 % pour la bière et 0,8 % pour les alcools forts.
Plus d'une personne interrogée sur sept (14,4 %) déclare avoir été ivre au cours des douze derniers mois, ce comportement étant nettement plus fréquent parmi les hommes et les jeunes générations.
Selon le test Deta, 9,4 % de la population (13,8 % des hommes et 5,0 % des femmes de 12 à 75 ans) présenteraient des signes d'usage potentiellement problématique.
La consommation d'alcool a diminué en France depuis la dernière enquête réalisée en 2000, aussi bien la consommation quotidienne que les quantités déclarées ; toutefois, les proportions d'individus ayant été ivres au cours de l'année ou ayant potentiellement un usage problématique d'alcool sont restées stables.




# Posté le samedi 01 avril 2006 08:14